Récit d’Australie #9 Whitsundays (partie 2)

Comment pourrais-je te décrire le réveil sur un voilier au milieu de l’océan? Étant donné que tout le monde se fait discret, pour respecter les instructions du capitaine, le silence règne. On n’entend que les vagues, le vent, les grincements du bateau et les rares oiseaux. Le ciel est gris, mais le bleu de l’eau est si clair que l’ensemble est lumineux. Nous prenons un café sur le pont, lorsqu’à notre plus grande surprise, nous entendons un « bzzz » et voyons une « marchfly » voler autour de nous. Ces bestioles venues tout droit de l’enfer semble avoir fait le chemin exprès pour nous narguer. Les autres passagers les détestent autant que nous, et se lancent dans une chasse aux taons à main nue (on nous a confisqué nos tongs en montant sur le bateau!). Nous n’aimons pas tuer les animaux, aussi petits qu’ils soient, mais là, c’est de la légitime défense!

Après un délicieux petit déjeuner, le programme de la journée nous est enfin dévoilé. Nous prenons le large direction Border Island pour s’essayer au snorkeling dans un des plus beaux fonds marins au monde: la grande barrière de corail.

On est en pleine saison des méduses qui s’étend d’octobre à mai. Il existe des centaines d’espèces dont deux sont vraiment dangereuses pour l’homme. La «box jellyfish» est une grosse méduse qui mesure trente centimètres de diamètre à l’âge adulte, qui peut avoir jusqu’à soixante tentacules de quatre mètres de long et qui est mortelle pour l’Homme en moins de cinq minutes; heureusement, elle ne nage pas dans les eaux des whitsundays. En revanche, on trouve des méduses irukandji, responsables de « seulement » deux décès recencés en Australie mais qui provoque d’horribles douleurs et une tripotée d’autres effets secondaires insupportables. La plupart du temps, on ne la voit même pas tellement elle est petite (entre un à deux centimètres de diamètre) et transparente. Pour nous protéger, presque entièrement, durant le snorkeling, nous mettons des combinaisons de plongée. Nous avons également interdiction de toucher quoi que ce soit: les poissons et coraux pourraient être dangereux, et à l’inverse, nous pourrions être néfaste pour eux. Scotty nous informe également que nous sommes susceptibles de rencontrer des requins, mais que le nombre d’attaques recensées est très faible. Nous voilà rassuré!

En descendant du zodiac, nous nous empressons d’observer sous l’eau. Malheureusement, nous avons du mal à distinguer quoique ce soit à plus d’un mètre, la vision est brumeuse. Il y a un fort courant et des rafales de vent. Nous ressortons la tête de l’eau, après avoir dérivés plusieurs dizaines de mètre, septiques. Le temps en a décidé ainsi, l’eau est trop remuée pour que nous profitions du snorkeling, alors nous remontons à bord du Blizzard, un peu déçus.

Nous continuons notre périple en direction de Whitehaven beach, la plage la plus connue des Whitsundays. Son sable de silice est le plus fin du monde; on nous conseille d’ailleurs de prendre le moins de matériel avec nous pour éviter qu’il ne se faufile partout. Ici, on peut se baigner sans craindre de piqures de méduses, alors nous en profitons! La transparence de l’eau nous permet de voir les poissons qui se promènent à nos pieds. On peut admirer différentes nuances de bleu au large, malgré le temps gris. On remarque qu’il y a deux couches de sable: celui en surface est plus clair à certains endroits et le plus foncé ressort en forme un serpentin, c’est amusant.

Nous sommes ensuite allés à Tongue Bay, pour observer ces fameuses nuances de bleu depuis un point de vue en hauteur. Après une marche de dix minutes, nous en prenons plein les yeux! La marée basse sublime les teintes bleutées de l’eau, c’est magnifique. Nous faisons quelques photos avec le groupe, avec qui nous commençons à nous lier d’amitié. Sur la plage de Tongue Bay, de nombreux coraux morts recouvrent le sable.

Les nuages et le vent ont été l’ombre au tableau de la journée. Mais le soir, nous avons été ravi qu’ils soient présents! Nous avions un long chemin à parcourir, et tandis que certains avaient commencé à être malades, le capitaine nous a prévenu que l’océan risquait d’être agité. Il nous a demandé de bien ranger nos affaires dans la cabine et de prendre les médicaments anti mal de mer si nous en avions besoin. Alors que j’appréhendais la soirée, dans un premier temps, je me suis sentie attirée par l’avant du bateau. Nous nous sommes alors installés sur le côté indiqué par le capitaine, les jambes dans le vide, accrochés à la rambarde de sécurité et nous avons ri comme des fous. Les vagues étaient si fortes que le bateau, penché jusqu’à quarante degrés environ, rebondissait contre les vagues. Nous avions l’impression d’être dans un manège à sensations fortes, avec l’impression d’être en apesanteur pendant une fraction de seconde. Le voilier naviguait en zig zag pour prendre l’élan des vagues, et à chaque fois le remous mouillait l’un d’entre nous de la tête aux pieds. J’ai même vu la femme à côté de moi boire la tasse, ce qui m’a valu un fou rire.

J’avais pris ma douche et enfilé mes habits « chauds » qu’on nous avait recommandé de prendre pour les nuits fraîches. Après m’être bien amusé, j’ai réalisé, trempée jusqu’aux os, et que je n’avais plus de change sec. Je me suis alors emmitouflée dans une couverture, et comme assomée par la fatigue, je me suis endormie…. à 19h.

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