Récit d’Australie #8 Whitsundays (partie 1)

Cet article risque d’être long, mais comment pourrais-je résumer une telle expérience? L’histoire commence lorsque nous montons à bord du « Blizzard » un voilier de cinquante pieds de long dans lequel nous passerons les deux prochains jours pour visiter les whitsundays.

L’équipage

Nous rencontrons l’équipage: Scotty notre capitaine, Rosie et Tiago les moussaillons; et les huit autres passagers, venant des quatre coins de l’Europe, qui partageront notre navire. Tout le monde parle un excellent anglais, meilleur que le notre, et nous en sommes ravis: ce sera l’occasion de nous perfectionner. Nous décidons, par politesse et pour progresser d’avantage, de ne parler qu’en anglais (même entre nous) durant la croisière.

Le Blizzard

En voyant le voilier pour la première fois, nous avons l’impression qu’il est minuscule, et pour ma part, j’espère même qu’on nous fait une blague. Mais non, il s’agit bien du bon bateau, celui là même que nous allons partager, pendant quarante huit heures, avec onze inconnus. Nous découvrons notre cabine, qui ne respecte absolument pas la loi carrez, mais qui est suffisamment grande pour deux personnes en position couchée. Il y a une toute petite salle de bain commune, dans laquelle il est possible de se doucher en étant assis sur les toilettes et dont la porte est difficile à ouvrir, mais j’y reviendrais. J’ai l’air de dépeindre le tableau de vieux radeau, mais en réalité, le voilier est moderne et très fonctionnel.

En avant moussaillon!

On nous fait un rapide breefing, sur la sécurité à bord, l’utilisation des espaces communs, la discrétion et le respect de chacun; puis nous « larguons les amarres ». Une fois sortie du port, le capitaine ouvre les voiles, coupe le moteur et commence à naviguer au vent. C’est une toute nouvelle expérience pour nous, nous n’étions jamais monté sur un voilier avant. Nous sommes assis en position de sécurité, les pieds en appui, les jambes recroquevillées, sur un des côtés de la coque. L’autre est appelé la « danger zone » par notre capitaine, et nous avons interdiction de nous y rendre, le bateau naviguant penché. Le « blizzard » prend de la vitesse et frappe les vagues, nous faisant rebondir. Nous observons les îles se rapprocher dans cette eau turquoise, les cheveux dans le vents, pendant environ deux heures.

Avant d’arriver à Hook Island, on nous sert des bouchées apéritives dans un plat adapté à l’inclinaison du bateau. Nous nous installons tant bien que mal autour de la table, et chaque fois que nous voulons attraper une mignardise, nous avons la sensation que l’apesanteur nous lance un défi. Je crains un peu d’avoir le mal de mer, alors j’écoute les conseils qu’on nous a donné avant de monter sur le bateau: bien manger et bien boire; autant dire que j’ai bien consommé mes deux litres d’eau journalier. Le capitaine jette l’ancre, pour la nuit, dans les eaux calmes de Nara inlet. C’est le moment pour nous de faire connaissance autour d’un verre. Le capitaine nous explique que le programme des deux prochains jours dépend des vents et des courants et que rien n’est encore défini.

Après le dîner, dans la nuit, le capitaine demande à deux d’entre nous de s’asseoir au bord de l’eau et d’y agiter les pieds. D’incroyables petits organismes bioluminescents (n’allez pas nous en demander plus hein, les explications étaient en anglais), se sont allumés d’un joli vert. On se serait cru dans Avatar! Nous avons été comme hypnotisés par ce moment magique et avons décider de ne l’immortaliser que dans nos mémoires.

L’anecdote des toilettes

Notre nuit, bercées par les vagues, était agréable… jusqu’à deux heures du matin, lorsque j’ai eu besoin de me rendre au petit coin: fermé! J’y suis retournée un moment après, sans succès. La troisième fois, j’ai alors essayé avec plus de poigne d’ouvrir cette fichu porte, mais rien à faire. J’ai commencé à paniquer, et j’ai réveillé Monsieur pour qu’il vienne à mon secours. Il n’a rien trouvé de mieux à me dire que « Nous avons peut être mal compris les consignes, ils ont sûrement fermé les WC pour la nuit, afin de limiter le bruit. Fais pipi dans l’eau! » . J’ai alors commencé à réfléchir à une position pour uriner dans l’eau depuis le bateau, pendant que Monsieur se rendormait paisiblement. Lors de ma pressante réflexion, je me suis souvenue qu’un membre de l’équipage dormait sur le pont, m’empêchant de m’y soulager. Et quand bien même, j’avais trop peur de tomber dans l’eau et d’être mangé par des requins, ma mort aurait été trop ridicule. Quelques instants passent, puis les minutes me semble interminables. Maintenant, une heure que je tourne sans parvenir à me rendormir tellement mon envie est présente. Je réveille à nouveau le beau brun, assoupi à mes cotés; qui finit par se lever. Il se dirige vers les toilettes, et d’une main puissante et douce à la fois, et avec une facilité déconcertante, il déverrouille enfin la porte. Mon sauveur! Je me suis donc empressée de vidanger ma vessie, puis je suis retourner me blottir contre mon héros.

Je sais que tu finis de lire cette article avec une pointe d’amertume, parce que la moitié est consacrée à une histoire de toilettes, et que tu t’attendais à autre choses avec ce titre « putaclic », mais avoue quand même que l’histoire était marrante! En plus, tu peux essayer de repérer le moment à partir duquel, le héros de l’histoire s’est lui même imissé dans l’écriture 😉

Reviens demain, et tu pourras enfin lire la suite de nos aventures aux Whitsundays!

PS: voici un article qui parle des organismes bioluminescents rencontrés (en anglais): Ici

5 thoughts on “Récit d’Australie #8 Whitsundays (partie 1)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s